La prise de parole en public n’est pas un long fleuve tranquille. Il suffit parfois d’une pique au cours d’une réunion, d’une question déstabilisante en conférence, ou qu’on vous coupe la parole en pleine présentation pour que la situation flanche. Votre confiance est ébranlée, votre respiration s’accélère et votre voix se fait hésitante. Comment rebondir face à cet imprévu ? La réponse tient en un mot : répartie.
L’art de trouver la bonne réponse, la réplique adaptée au bon moment (et non 10 minutes après) : voilà ce qu’est la répartie. Contrairement à ce qu’on croit souvent, ce n’est pas une question d’intelligence ou de personnalité, mais de compétence. Et comme toute compétence, elle s’apprend. La Voix Formation vous livre ses conseils pour répondre intelligemment du tac au tac dans chaque situation.
Avez-vous déjà croisé cette collègue qui, au moment précis où une réunion dérape, trouve la phrase magique qui désamorce toute tension ? Le tout avec calme et précision… Mais comment fait-elle ? Cette répartie en apparence naturelle relève pourtant d’une compétence très structurée. Elle se résume en trois mots : écoute, calme, réponse.
On associe parfois à tort répartie et spontanéité. Pourtant, la clé est de maîtriser ses émotions et son impulsivité pour apporter une réponse adaptée et argumentée à son interlocuteur. C’est à force d’entraînement et d’exercices que cette justesse devient petit à petit naturelle.
Faut-il nécessairement faire preuve d’humour pour maîtriser l’art de la répartie ? La réponse est non. Certes, la dérision est un excellent moyen de détourner l’attention en apportant un peu de légèreté à une conversation. Pour autant, l’humour doit servir votre propos sans déplacer le problème, au risque d’accentuer la tension durant l’échange.
Autre point important : on ne fait pas de l’humour sur n’importe quoi, et avec n’importe qui ! Avant d’envisager cette solution, posez-vous les bonnes questions : qui est en face de vous ? Dans quel contexte intervenez-vous ? Le ton de la conversation se prête-t-il à l’humour ? Plus votre connaissance de ces enjeux et de votre public sera fine, mieux vous ajusterez vos réponses (humour ou pas).
Souvent, il y a un moment de bascule dans une conversation, un échange avec le public ou en réunion. La question ou l’imprévu qui met vos nerfs à rude épreuve, mais qui teste aussi vos réflexes et votre sang-froid. Et c’est dans ces moments-là qu’on juge votre capacité d’adaptation et votre confiance dans l’instant T… Côté pro ou perso, autant peaufiner vos compétences en impro pour afficher votre confiance en toutes circonstances.
Un investisseur qui questionne votre présentation, un manager qui conteste vos chiffres, un partenaire qui soulève une objection inattendue… Ces situations font certes partie du jeu professionnel, mais elles arrivent toujours au mauvais moment. Sans oublier les imprévus d’un autre genre : les slides qui refusent de s’afficher, une sonnerie qui coupe votre élan, des notes introuvables au moment décisif… À trop anticiper la réaction du public, on oublie parfois que notre environnement peut aussi nous faire défaut.
La répartie ne s’arrête pas aux portes de votre bureau ou d’une scène de théâtre. Une remarque déplacée au cours d’un repas, une conversation inconfortable ou une provocation durant un échange sont autant de moments du quotidien où mettre en pratique votre répartie ! C’est justement dans ces moments du quotidien que se forgent les meilleurs réflexes. Là où les enjeux et la pression sont faibles, la confiance se construit plus naturellement. Alors la prochaine fois qu’une conversation vous sort de votre zone de confort, voyez-y une opportunité plutôt qu’un obstacle.
Comment avoir la bonne réponse si on a mal entendu la question ? C’est l’un des pièges les plus courants : on écoute en préparant déjà sa réponse, plutôt qu’en cherchant vraiment à comprendre ce qui vient d’être dit. La conséquence ? Vous risquez de répondre à côté, de mal interpréter la question, ou de réagir à chaud, sans prise de recul…
La répartie commence donc par une écoute active et sans jugement anticipé. C’est elle qui permet de capter le détail, l’intonation, et l’intention derrière les mots. Car bien souvent, entre ce que votre interlocuteur dit et ce qu’il cherche à exprimer, il y a un monde !
Le stress (ou glossophobie dans le cas de la prise de parole) est l’ennemi numéro un de la répartie. Quand le cortisol monte, les ressources cognitives diminuent, et avec elles la capacité à trouver rapidement les bons mots. Ce phénomène est bien connu : sous pression, le cerveau se met en mode survie, et non en mode créativité.
La peur du silence peut d’ailleurs aggraver la situation. Face à un blanc, beaucoup de personnes paniquent et parlent pour combler le vide… au risque de dire n’importe quoi. Or il y a une distinction à faire en le silence qu’on subit et celui qu’on choisit. Placé intentionnellement, il est souvent la meilleure réponse initiale. Il montre que vous maîtrisez la situation et vous donne le temps de réfléchir à une réponse adéquate.
Vous avez pensé à structurer votre discours, à faire votre échauffement vocal, mais qu’en est-il des moments d’échange et de questions/réponses avec votre auditoire ? Parent pauvre de la prise de parole, la répartie révèle pourtant dans ces moments de fragilité toute la puissance (ou les failles) de votre discours.
La répartie, comme tout réflexe, se développe avec la pratique. On ne devient pas bon en improvisation en un claquement de doigts (si seulement…). Mettez-vous en situation, faites des erreurs et recommencez. Plus vous vous exposerez à des échanges spontanés et plus vos réflexes de communication se roderont.
Apprivoiser le silence
Vous connaissez l’adage “Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler “ ? Mettons-le en pratique ! Ce qui peut paraître contre-intuitif est en fait décisif dans la prise de parole. Quand quelqu’un aborde une question difficile, accordez-vous quelques secondes avant d’y répondre. Ce silence n’est pas forcément un signe de faiblesse, au contraire. C’est une respiration qui indique que vous maîtrisez ce moment.
Pratiquez cet espace de silence dans vos conversations du quotidien. Vous verrez rapidement que la qualité de vos réponses s’améliore et que le silence n’est jamais aussi gênant qu’on le croit.
La technique du rebond
Le rebond, c’est l’art de vous appuyer sur les propos de votre interlocuteur pour construire votre réponse. Plutôt que de répondre frontalement à une question ou une objection, prenez un élément de sa question ou remarque, puis utilisez-le comme point de départ de votre réponse en le nuançant à votre avantage.
Un exemple concret ? Un manager vous interpelle en réunion : « Votre projet prend du retard, j’espère que vous avez une explication. » Plutôt que de vous justifier immédiatement, rebondissez : « Le retard que vous mentionnez nous a justement permis d’identifier un point bloquant qu’on n’avait pas anticipé. Voici comment nous le traitons…”
L'exercice du "oui, et..."
Le principe : après n’importe quelle affirmation ou situation, vous commencez votre réponse par « oui, et…« , plutôt que par « non » ou « mais« . Cette formulation vous contraint à accepter ce que l’autre amène et à construire votre argumentation dessus. Par ailleurs, le public percevra davantage votre réponse comme allant dans le sens du propos précédent que comme une confrontation. Un moyen efficace de développer la flexibilité mentale et la créativité dans l’échange.
Nous ne le dirons jamais assez : c’est en pratiquant qu’on améliore sa répartie. Il existe aussi de nombreuses manières de s’entraîner, entre les pages d’un livre, devant un écran ou dans des cours collectifs auprès d’un professionnel pédagogue et bienveillant. À votre avis, quelle est la plus efficace ?
Rebondir en direct, sans filet, face à un public qui vous observe : voilà exactement ce que vivent les formateurs de La Voix Formation depuis des années sur les antennes de radio, les plateaux télé et les scènes d’événements. Ils connaissent ce sentiment d’insécurité quand la situation dérape. Et surtout, ils savent comment s’y préparer.
La répartie est l’une des facettes que nous enseignons dans notre formation à la prise de parole. Ici, la théorie s’allie à la pratique : cours en petit groupe, mises en situation réelles, debriefs individuels… Un cocktail parfait pour que les imprévus, sur scène ou en réunion, ne soient plus une source d’angoisse.
La Voix Formation intervient à Paris, Nantes, Marseille, Bordeaux et partout en France.
Formation certifiante (RS7496), finançable par le CPF.
Elle s’apprend, et souvent bien plus vite qu’on ne le croit. La répartie repose sur des compétences précises, comme l’écoute active, la gestion du silence, la flexibilité mentale et la confiance à l’oral. Chacune de ces compétences se développe avec la pratique et le bon entraînement. Des personnes qui se décrivaient comme incapables de rebondir face à l’imprévu ont transformé leur réactivité en quelques semaines de travail.
Si l’improvisation nourrit la répartie, ces deux compétences restent distinctes. L’improvisation, c’est la capacité à créer quelque chose de rien, c’est-à-dire à prendre la parole sans préparation et à construire un propos au fil de l’échange. La répartie est plus ciblée et concerne plutôt notre capacité à répondre avec justesse aux propos ou aux actions d’un interlocuteur.
La clé, c’est de ne pas répondre à l’émotion par l’émotion. Face à l’agressivité, la répartie la plus efficace est souvent la plus calme. Instaurez un silence, reformulez ce qui vient d’être dit, ou posez une question qui invite l’autre à préciser sa pensée. Cette posture désamorce la tension et repositionne l’échange sur un terrain rationnel (où vous pourrez retourner la conversation à votre avantage).
Bien sûr ! L’humour est une forme de répartie parmi d’autres et n’est d’ailleurs pas adapté à tous les publics. Quelques traits d’humour peuvent avoir un effet réparateur ou au contraire aggravant selon la réceptivité du public. La justesse est donc le maître-mot.
Rassurez-vous, ça nous arrive à tous. Transformez ces déceptions en matière sur laquelle travailler : remémorez-vous la situation, identifiez ce qui aurait pu être dit, et gardez cette réponse en mémoire pour une prochaine fois similaire.
Tout à fait. La confiance favorise la répartie et permet de rebondir plus facilement. De même, la répartie renforce la confiance et nourrit à chaque échange réussi un sentiment de compétence. C’est un cercle vertueux que la pratique régulière permet de renforcer.